La métallurgie et l’orfèvrerie à Ur
Les Sumériens ne sont pas les inventeurs de la métallurgie en Mésopotamie. Ces techniques sont en effet maîtrisées dès 4500 sur le haut plateau irannien. Néanmoins, c’est par leur intermédiaire que la science des alliages et le travail des métaux précieux atteignent un niveau technique poussé. Les sumériens font effectivement preuve d’une grande capacité d’innovation; ainsi, les techniques d’orfévrerie comme le filigrane et la granulation y sont élaborés pour la première fois, dès l’époque Protodynastique, du moins d’après les vestiges trouvés jusqu’ici. Les tombes d’Ur sont remplies des objets obtenus grâce à cette métallurgie sumérienne, on y trouve majoritairement des objets en or, comme le casque de Meskalamdug, mais également quelques objets en cuivre. Les sumériens connaissent la réduction du minneraie inventée deux millenaire plus tôt mais y adjoignent l’usage du soufflet pour attiser et faire circuler la chaleur et l’aire. Ils expérimentent différents moules et la fonte à cire perdu, quant à la finition ils emploient aussi bien le recuit, le repoussé, la ciselure et le poinçonnage…
Le travail du métal au pays de Sumer au temps de la IIIe dynastie d’Ur.
Cet article, publié sur Persé, est une critique bibliographique du livre de Henri Limet, Le travail du métal au pays de Sumer au temps de la IIIe dynastie d’Ur, par Pierre Amiet, spécialiste de la Mésopotamie. Henri Limet a réalisé un travail de décryptage des textes sumériens pour y étudier les procédés métallurgiques, et bien que son livre soit axé sur la Troisième Dynastie d’Ur ce texte nous apporte beaucoup d’informations utiles sur la période qui nous concerne. En effet, il y a eu peu d’innovations majeures depuis les Dynasties Archaïques, seulement des améliorations. Pierre Amiet résume ici les principaux axes de cette recherche. Ainsi les gîtes métalliques, les différents alliages, les techniques de moulages et autres travaux du métal énumérés dans ce texte sont restés inchangés et sont donc exploitables en ce qui nous concerne. Mais la description des moyens d’échanges, des voies commerciales, et des acteurs: de lachaîne de production de la ville productrice à l’artisan, sont inutilisables car issuent de sources plus tardives. Le texte très court (environ deux pages) résume bien le niveau technique de la métallurgie des sumériens.
Soma, Mesopotamia and Ancient India
Ce blog d’un particulier est essentiellement tourné vers les alliages de métaux précieux, l’auteur adopte une démarche scientifique et le vocabulaire des différentes techniques est précis et rigoureux. En outre, il aborde le lieu de provenance des minerais et métaux natifs. Bien que l’auteur ne mentionne pas son identité, les références bibliographiques récurrentes sont d’une qualité exceptionnelle, digne d’un ouvrage universitaire, il site notamment Henri Limet présenté ci-dessus. Cet article est donc à usage exclusif de passionnés. De plus le vocabulaire anglais n’est pas explicité et donc difficile d’accès bien qu’un logiciel de traduction résolve parfaitement le problème.
Un autre point intéressant tient à la comparaison qu’il fait entre la culture matérielle sumérienne et indienne de la même époque. Les interactions entre ces deux sociétés ont déjà été envisagées du fait de l’importation de matières premières rares en Mésopotamie mais abondantes dans la vallée de l’Indus. Il réalise une analogie entre les parures trouvées à Kunal et la parjure de la Reine Puabi. Cependant, il faut se rappeler que ce genre d’analogie est réalisée avec bon nombre d’autres sociétés où les influences directes sont moins évidentes; il faut donc rester prudent.
L’Or de Francoit Pernot, La finesse de Sumer
Une petite partie de cet ouvrage est réservé à Sumer. On y énumère les différentes techniques d’orfèvrerie maîtrisées par cette civilisation. Sont également décri quelques objets des Tombes Royales d’Ur. Les photos sont particulièrement belles et accompagnées d’une description des techniques employées à la fabrication de l’objet, comme pour le casque de Meskalamdug.
On pourrait également s’attacher à étudier l’excellente thèse de Guillaume Gernet, L’armement en métal au Proche et Moyen Orient des origines à 1750 a.v J.C , ainsi que L’incrustation sur métal et l’orfèvrerie cloisonnée en Mésopotamie de George Coteneau publié dans Syria et mis en ligne sur Persé .



